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ANALYSES
Extraits de textes critiques |
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La couleur, oui, cette impression particulière venue par la touche, un sentiment de nature alors que tout y échappe. L’effet surprenant de fraîcheur, une vitalité première, toute artificielle mais aussi vivifiante, du fictif et pourtant l’être s’y prend, s’emporte et se croit dans un paysage que la peinture dominerait d’une supérieure idéalité.
La couleur pour primat, mais épousée aux gestes qui donnent à sa touche la forme du signe. Large et précise, toujours nerveuse, elle est la plus petite partie du tout, et pour le moins qu’il y pense, alors qu’il l’appose, elle tient en mémoire quelque part de lui. Elle porte le tableau…
Alin Avila
(Extrait de la monographie Serge Plagnol, édition Pernod Mécénat, 1989) |
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Serge Plagnol est peintre mais aussi dessinateur, le dessin est le squelette permanent de sa peinture. Les noirs et blancs nuancés du fusain lui sied à merveille, ses réussites dans ce domaine où liberté et précision du geste vont de pair sont nombreuses. Souvent, il dessine pour écrire sa peinture, pour la tendre, pour la mieux maîtriser, pour l’interroger et la provoquer. Cet inquiet aime à se confronter à des situations apparemment très simples. Il aime tenter de les pousser à bout. |
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La série des canapés se livre comme autant de métaphores du paysage humain. Fluides et pénétrables, imprégnés du doute si caractéristique de leur interprète, l’ambiguïté de leur abord incite à l’errance du regard et de la pensée. Qui sont-ils ? D'où sont-ils ? De quoi sont-ils l'expression? [...] Les dessins actuels nous parlent de leur créateur, comme de l'Histoire de la peinture dans laquelle il s'inscrit.
Jean Klepal |
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Les peintres se posent parfois des problèmes insoupçonnables, qui les obsèdent mais laissent le public parfaitement indifférent. Celui-ci par exemple : comment intégrer dans le tableau un dessin au trait large et épais ? Une certaine pensée contemporaine, au nom de l’efficacité, commanderait de remplacer ce trait par un autre, fin et souple, puisque, après tout, ça ne changera pas grand-chose au sujet représenté. Seulement voilà : le peintre – ici Serge Plagnol – a décidé d’utiliser un trait large et épais.
[…] Connaître les raisons du risque encouru, c’est chercher à comprendre le but recherché. On peut supposer que Serge Plagnol ne peut nonchalamment se satisfaire de ce qu’il sait faire et répéter un style basé sur le lyrisme des couleurs et du geste, aussi émouvant soit-il. […] Il lui faut donc, à l’inverse, aspirer à plus de rigueur, et introduire dans son œuvre ce large trait qui représente alors la forme – et prend la force – d’un véritable engagement.
Olivier Cena
(Télérama N° 2568 – 31 mars 1999) |
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Polyphonique, Fenêtre orange huile sur toile, 1998
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Partition. La couleur comme matière musicale. C’est dans ces espaces infimes, ces lisières, ces bordures à l’approche des marges, c’est là que les couleurs vibrent, là où elles entrent en résonance, libèrent des harmoniques et vibrent encore. Tissent aussi, sur la trame du fond de toile, un contrepoint qui se développe dans l’espace du tableau. « Bleu-rouge ». De tonique à dominante entraîne la variation vers ce qui pourrait être l’infini, un infini de la peinture où aujourd’hui encore n’est toujours pas épuisé le plaisir de la couleur.
Daniel Bizien
(Catalogue de l’exposition Méditerranée 1, Costantini, Lanneau, Pagès, Plagnol
à l’Hotel des Arts – Conseil général du Var – décembre 2001) |
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